Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Troisième jour-9/14
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
Quand nous eûmes terminé cette visite, sur le seuil même de la porte, un autre page arriva en courant; il dit quelques mots tout bas à l'oreille de notre page, prit les clefs qu'il lui tendait et disparut par l'escalier. Voyant que notre page avait affreusement pâli, nous l'interrogeâmes et, comme nous insistâmes, il nous informa que Sa Majesté défendait que quiconque visitât ni la bibliothèque ni les tombeaux et il nous supplia de garder cette visite absolument secrète, afin de lui sauver la vie parce qu'il avait déjà nié notre passage dans ces endroits. A ces mots nous fûmes saisis de frayeur et aussi de joie; mais le secret en fut gardé strictement; personne d'ailleurs ne s'en soucia, quoique nous eussions passé trois heures dans les deux salles. Sept heures venaient de sonner; cependant on ne nous appela pas encore à table. Mais les distractions sans cesse renouvelées nous faisaient oublier notre faim et à ce régime je jeûnerais volontiers ma vie durant. En attendant le repas on nous montra les fontaines, les mines et divers ateliers, dont nous ne pourrions produire l'équivalent avec toutes nos connaissances réunies. Partout les salles étaient disposées en demi-cercle, de sorte que l'on pouvait observer facilement l'Horloge précieuse établie au centre sur une tour élevée et se conformer à la position des planètes qui s'y reproduisait avec une précision admirable. Ceci nous montre à l'évidence par où pèchent nos artistes; mais il ne m'appartient pas de les en instruire. Enfin je parvins à une salle spacieuse qui avait déjà été visitée par les autres; elle renfermait un Globe terrestre dont le diamètre mesurait trente pieds. Presque la moitié de cette sphère était sous le sol à l'exception d'une petite bande entourée de marches. Ce Globe était mobile et deux hommes le tournaient aisément de telle manière que l'on ne pouvait jamais apercevoir que ce qui était au-dessus de l'Horizon. Quoique j'eusse deviné qu'il devait être affecté à un usage particulier, je n'arrivais cependant pas à comprendre la signification de certains petits anneaux en or qui y étaient fixés ça et là. Cela fit sourire mon page, qui m'invita à les regarder plus attentivement. A la fin je découvris que ma patrie était marquée d'un anneau d'or; alors mon compagnon y chercha la sienne et trouva une marque semblable, et, comme cette constatation se vérifia encore pour d'autres qui avaient réussi dans l'épreuve, le page nous donna l'explication suivante qu'il nous certifia être véridique. Hier, le vieil Atlante—tel est le nom de l'Astronome —avait annoncé à Sa Majesté que tous les points d'or correspondaient très exactement aux pays que certains des convives avaient déclarés comme leur patrie. Il avait vu que je n'avais pas osé tenter l'épreuve, tandis que ma patrie était cependant marquée d'un point; alors il avait chargé l'un des capitaines de demander que l'on nous pesât à tout hasard, sans risques pour nous, et cela parce que la patrie de l'un de nous se distinguait par un signe très remarquable. Il ajouta qu'il était, parmi les pages, celui qui disposait du plus grand pouvoir et que ce n'était pas sans raison qu'il avait été mis à ma disposition. Je lui exprimai ma gratitude, puis j'examinai ma patrie de plus près encore et je constatai qu'à côté de l'anneau il y avait encore quelques beaux rayons. Ce n'est pas pour me vanter ou me glorifier que je relate ces faits. Ce globe m'apprit encore bien des choses que toutefois je ne publierai pas. Que le lecteur tâche cependant de trouver pourquoi toutes les villes ne possèdent pas un Philosophe. Ensuite on nous fit visiter l'intérieur du Globe; nous entrâmes de la manière suivante: Sur l'espace représentant la mer, qui prenait naturellement beaucoup de place, se trouvait une plaque portant trois dédicaces et le nom de l'auteur. Cette plaque se soulevait facilement et dégageait l'entrée par laquelle on pouvait pénétrer jusqu'au centre en abattant une planche mobile; il y avait de la place pour quatre personnes. Au centre, il n'y avait, en somme, qu'une planche ronde; mais quand on y était parvenu on pouvait contempler les étoiles en plein jour—toutefois à cet instant il faisait déjà sombre.—Je crois que c'étaient de pures escarboucles qui accomplissaient dans l'ordre leur cours naturel et ces étoiles resplendissaient avec une telle beauté que je ne pouvais plus me détacher de ce spectacle; plus tard le page raconta cela à la vierge qui me plaisanta maintes fois à ce sujet.
Commentaires
f�licitation pour ce topic
merci pour ce topic, mais faut que les mentalites change!
Un blog est un journal personnel en effet mais surtout un lieu dechange et de partage d idees (tout comme je fais actuellement sur le sujet) Bref, Merci pour les tuyaux, cest tres enrichissant.