Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Troisième jour-13/14
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
—«Elle possède autant qu'il y a de seigneurs ici», répondit-elle. Cette réponse me satisfit et je trouvai aisément son nom. La vierge s'en montra très contente et nous annonça que bien d'autres choses nous seraient révélées. Mais voici que nous vîmes paraître plusieurs vierges magnifiquement vêtues; elles étaient précédées de deux pages qui éclairaient leur marche. Le premier de ces pages nous montrait une figure joyeuse, des yeux clairs et ses formes étaient harmonieuses; le second avait l'aspect irrité; il fallait que toutes ses volontés se réalisent ainsi que je m'en aperçus par la suite. Ils étaient suivis, tout d'abord, par quatre vierges. La première baissait chastement les yeux et ses gestes dénotaient une profonde humilité. La deuxième était également une vierge chaste et pudique. La troisième eut un mouvement d'effroi en entrant dans la salle; j'appris plus tard qu'elle ne peut rester là où il y a trop de joie. La quatrième nous apporta quelques fleurs, symboles de ses sentiments d'amour et d'abandon. Ensuite nous vîmes deux autres vierges parées plus richement; elles nous saluèrent. La première portait une robe toute bleue semée d'étoiles d'or; la seconde était vêtue de vert avec des raies rouges et blanches; toutes deux avaient dans leurs cheveux des rubans flottants qui leur seyaient admirablement. Mais voici, toute seule, la septième vierge; elle portait une petite couronne et, néanmoins ses regards allaient plus souvent vers le ciel que vers la terre. Nous crûmes qu'elle était la fiancée; en cela nous étions loin de la vérité; cependant elle était plus noble que la fiancée par les honneurs, la richesse et le rang. Ce fut elle qui, maintes fois, régla le cours entier des noces. Nous imitâmes notre vierge et nous nous prosternâmes au pied de cette reine malgré qu'elle se montrât très humble et pieuse, Elle tendit la main à chacun de nous tout en nous disant de ne point trop nous étonner de cette faveur car ce n'était-là qu'un de ses moindres dons. Elle nous exhorta à lever nos yeux vers notre Créateur, à reconnaître sa toute-puissance en tout ceci, à persévérer dans la voie où nous nous étions engagés et à employer ces dons à la gloire de Dieu et pour le bien des hommes. Ces paroles, si différentes de celles de notre vierge, encore un peu plus mondaine, m'allaient droit au coeur. Puis s'adressant à moi: «Toi,» dit-elle, «tu as reçu plus que les autres, tâche donc de donner plus également». Ce sermon nous surprit beaucoup, car en voyant les vierges et les musiciens nous avions cru qu'on allait danser. Cependant les poids dont nous parlions plus haut étaient encore à leur place; la reine—j'ignore qui elle était—invita chaque vierge à prendre l'un des poids, puis elle donna le sien qui était le dernier et le plus lourd à notre vierge et nous ordonna de nous mettre à leur suite. C'est ainsi que notre gloire majestueuse se trouva un peu rabaissée; car je m'aperçus facilement que notre vierge n'avait été que trop bonne pour nous et que nous n'inspirions point une si haute estime que nous commencions presque à nous l'imaginer. Nous suivîmes donc en ordre et l'on nous conduisit dans une première salle. Là, notre vierge suspendit le poids de la reine le premier, tandis qu'on chanta un beau cantique. Dans cette salle, il n'y avait de précieux que quelques beaux livres de prières qu'il nous était impossible d'atteindre. Au milieu de la salle se trouvait un prie-dieu; la reine s'y agenouilla et nous nous prosternâmes tous autour d'elle et répétâmes la prière que la vierge lisait dans l'un des livres; nous demandâmes avec ferveur que ces noces s'accomplissent à la gloire de Dieu et pour notre bien. Ensuite nous parvînmes à la seconde salle, où la première vierge suspendit à son tour le poids qu'elle portait; et ainsi de suite, jusqu'à ce que toutes les cérémonies fussent accomplies. Alors la reine tendit de nouveau la main à chacun de nous et se retira accompagnée de ses vierges. Notre présidente resta encore un instant parmi nous; mais comme il était presque deux heures de la nuit elle ne voulut pas nous retenir plus longtemps;—j'ai cru remarquer à ce moment qu'elle se plaisait en notre société.—Elle nous souhaita donc une bonne nuit, nous engagea à dormir tranquilles et se sépara ainsi de nous amicalement, presqu'à contre-coeur.
Commentaires
Pendant quelques heures il a voulu se faire mousser comme il aime tant, a coups de marche pied et de sorties en no mans land ...