Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Sixième jour-2/8
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
Notre vierge portait un petit coffret; toutes les autres tenaient des branches et de petites lampes et, quelques-unes des torches allumées. Aussitôt on nous mit les torches en mains et nous dûmes nous ranger autour de la fontaine. La vierge se tenait en A; ses servantes étaient postées en cercle avec leurs lampes et leurs branches en c; nous étions avec nos torches en b et les musiciens rangés en ligne droite en a; enfin les vierges en d, également sur une ligne droite. J'ignore d'où venaient ces dernières; avaient-elles habité la tour, ou y avaient-elles été conduites pendant la nuit? Leurs visages étaient couverts de voiles fins et blancs de sorte que je n'en reconnus aucune. Alors la vierge ouvrit le coffret qui contenait une chose sphérique dans une double enveloppe de taffetas vert; elle la retira et, s'approchant de la fontaine, elle la posa dans la petite chaudière supérieure; elle recouvrit ensuite cette dernière avec un couvercle percé de petits trous et muni d'un rebord. Puis elle y versa quelques-unes des eaux que nous avions préparées la veille, de sorte que la fontaine se mit bientôt à couler. Cette eau était rentrée sans cesse dans la chaudière par quatre petits tuyaux. Sous la chaudière inférieure on avait disposé un grand nombre de pointes; les vierges y fixèrent leurs lampes dont la chaleur fit bientôt bouillir l'eau. En bouillant, l'eau tombait sur les cadavres par une quantité de petits trous percés en a; elle était si chaude qu'elle les dissolvait et en fit une liqueur. Mes compagnons ignorent encore ce qu'était la boule enveloppée; mais moi, je compris que c'était la tête du nègre et que c'était elle qui communiquait aux eaux cette chaleur intense. En b, sur le pourtour de la grande chaudière, se trouvait encore une quantité de trous; les vierges y plantèrent leurs branches. Je ne sais si cela était nécessaire pour l'opération, ou seulement exigé par le cérémonial; toutefois les branches furent arrosées continuellement par la fontaine et l'eau qui s'en écoula pour retourner dans la chaudière, était un peu plus jaunâtre. Cette opération dura près de deux heures; la fontaine coulait constamment d'elle-même, mais peu à peu le jet faiblissait. Pendant ce temps les musiciens sortirent et nous nous promenâmes ça et là dans la salle. Les ornements de cette salle suffisaient amplement à nous distraire car rien n'y était oublié en fait d'images, tableaux, horloges, orgues, fontaines et choses semblables. Enfin l'opération toucha à sa fin et la fontaine cessa de couler. La vierge fit alors apporter une sphère creuse en or. A la base de la fontaine il y avait un robinet; elle l'ouvrit et fit couler les matières qui avaient été dissoutes par la chaleur des gouttes; elle récolta plusieurs mesures d'une matière très rouge. L'eau qui restait dans la chaudière supérieure fut vidée; Puis cette fontaine—qui était très allégée—fut portée dehors. Je ne puis dire si elle a été ouverte ensuite et si elle contenait encore un résidu utile provenant des cadavres; mais je sais que l'eau recueillie dans la sphère était beaucoup trop lourde pour que nous eussions pu la porter à six ou plus, quoique, à en juger par son volume, elle n'aurait pas dû excéder la charge d'un seul homme. On transporta cette sphère au dehors avec beaucoup de peine et on nous laissa encore seuls. Comme j'entendais que l'on marchait au-dessus de nous, je cherchai mon échelle des yeux. A ce moment on aurait pu entendre de singulières opinions exprimées par mes compagnons sur cette fontaine; car, persuadés que les corps reposaient dans le jardin du château, ils ne savaient comment interpréter ces opérations. Mais moi, je rendais grâce à Dieu d'avoir veillé en temps opportun et d'avoir vu des événements qui m'aidaient à mieux comprendre toutes les actions de la vierge. Un quart d'heure s'écoula; puis le centre de la voûte fut dégagé et on nous pria de monter. Cela se fit comme auparavant à l'aide d'ailes, d'échelles et de cordes; et je fus passablement vexé de voir que les vierges montaient par une voie facile, tandis qu'il nous fallait faire tant d'efforts. Cependant je m'imaginais bien que cela se faisait dans un but déterminé. Quoi qu'il en soit il fallut nous estimer heureux des soins prévoyants du vieillard, car les objets qu'il nous avait donnés, les ailes, par exemple, nous servaient uniquement à atteindre l'ouverture.