Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Quatrième jour-5/9
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
En tête du cortège s'avançait la reine inconnue qui avait été parmi nous hier, portant une petite couronne précieuse et revêtue de satin blanc; elle ne tenait rien qu'une croix minuscule faite d'une petite perle, qui avait été placée entre le jeune Roi et sa fiancée ce jour même. Cette reine était suivie des six vierges nommées plus haut qui marchaient en deux rangs et portaient les joyaux du Roi que nous avions vus exposés sur le petit autel. Puis vinrent les trois rois, le fiancé étant au milieu. Il était mal vêtu, en satin noir, à la mode italienne, coiffé d'un petit chapeau rond noir, garni d'une petite plume noire et pointue. Il se découvrit amicalement devant nous, afin de nous montrer sa condescendance; nous nous inclinâmes comme nous l'avions fait auparavant. Les rois étaient suivis des trois reines dont deux étaient vêtues richement; par contre le troisième qui s'avançait entre les deux autres, était tout en noir et Cupidon lui portait la traîne. Puis on nous fit signe de suivre. Après nous vinrent les vierges et enfin le vieil Atlas ferma la procession. C'est ainsi qu'on nous conduisit par maints passages admirables à la Maison du Soleil; et là nous prîmes place sur une estrade merveilleuse, non loin du Roi et de la Reine, pour assister à la comédie. Nous nous tenions à la droite des rois:—mais séparés d'eux,—les vierges à notre droite, excepté celles à qui la Reine avait donné des insignes. A ces dernières, des places particulières étaient réservées tout en haut; mais les autres serviteurs durent se contenter des places entre les colonnes, tout en bas. Cette comédie suggère bien des réflexions particulières; je ne puis donc omettre d'en rappeler ici brièvement le sujet.
PREMIER ACTE Un vieux roi apparaît entouré de ses serviteurs; on apporte devant son trône un petit coffret que l'on dit avoir trouvé sur l'eau. On l'ouvre et on y découvre une belle enfant, puis à côté de quelques joyaux, une petite missive en parchemin, adressée au roi. Le roi rompt le cachet aussitôt et, ayant lu la lettre, se met à pleurer. Puis il dit à ses courtisans que le roi des nègres a envahi et dévasté le royaume de sa cousine, et exterminé toute la descendance royale sauf cette enfant. Or, le roi avait fait le projet d'unir son fils à la fille de sa cousine; il jure donc une inimitié éternelle au nègre et à ses complices et décide de se venger. Il ordonne ensuite que l'on élève l'enfant avec soin et que l'on fasse des préparatifs de guerre contre le nègre. Ces préparatifs, ainsi que l'éducation de la fillette—elle fut confiée à un vieux précepteur dès qu'elle eut grandi un peu,—emplissent tout le premier acte par leur développement plein de finesse et d'agrément.
Entr'acte Combat d'un lion et d'un griffon; nous vîmes parfaitement que le lion fut vainqueur.
DEUXIÈME ACTE Chez le roi nègre; ce perfide vient d'apprendre avec rage que le meurtre n'est pas resté secret et que, de plus, une fillette lui a échappé par ruse. Il réfléchit donc aux artifices qu'il pourrait employer contre son puissant ennemi; il écoute ses conseillers, gens pressés par la famine qui se sont réfugiés près de lui. Contre toute attente la fillette tombe donc de nouveau dans ses mains et il la ferait mettre à mort immédiatement s'il n'était trompé d'une manière fort singulière par ses propres courtisans. Cet acte se termine donc par le triomphe du nègre.