Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Quatrième jour-1/9
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
QUATRIÈME JOUR
Je reposais encore sur ma couche en regardant tranquillement les tableaux et les statues admirables quand j'entendis soudain les accords de la musique et le son du triangle; on aurait cru que la procession était déjà en marche. Alors mon page sauta de son lit comme un fou, avec un visage si bouleversé qu'il ressemblait bien plus à un mort qu'à un vivant. Qu'on s'imagine mon désarroi lorsqu'il me dit qu'à l'instant même mes compagnons étaient présentés au Roi. Je ne pus que pleurer à chaudes larmes et maudire ma propre paresse, tout en m'habillant à la hâte. Cependant mon page fut prêt bien avant moi et sortit de l'appartement en courant pour voir où en étaient les choses. Il revint bientôt avec l'heureuse nouvelle que rien n'était perdu, que j'avais seulement manqué le déjeuner parce qu'on n'avait pas voulu me réveiller à cause de mon grand âge, mais qu'il était temps de le suivre à la fontaine où mes compagnons étaient déjà assemblés pour la plupart. A cette nouvelle je repris mon calme; j'eus donc bientôt achevé ma toilette et je suivis mon page à la fontaine. Après les salutations d'usage, la vierge me plaisanta de ma paresse et me conduisit par la main à la fontaine. Alors je constatai qu'au lieu de son épée, le lion tenait une grande dalle gravée. Je l'examinai avec soin et je découvris qu'elle avait été prise parmi les monuments antiques et placée ici pour cette circonstance. La gravure était un peu effacée à cause de son ancienneté; je la reproduis ici exactement pour que chacun puisse y réfléchir. PRINCE HERMÈS, APRÈS TOUT LE DOMMAGE FAIT AU GENRE HUMAIN, RÉSOLU PAR DIEU: PAR LE SECOURS DE L'ART, JE SUIS DEVENU REMÈDE SALUBRE; JE COULE ICI. Boive qui peut de mes eaux; s'en lave qui veut; les trouble qui l'ose. BUVEZ, FRÈRES, ET VIVEZ.
Cette inscription était donc facile à lire et à comprendre; aussi l'avait-on placée ici, parce qu'elle était plus aisée à déchiffrer qu'aucune autre. Après nous être lavés d'abord à cette fontaine, nous bûmes dans une coupe tout en or. Puis nous retournâmes avec la vierge dans la salle pour y revêtir des habits neufs. Ces habits avaient des parements dorés et brodés de fleurs; en outre chacun reçut une deuxième Toison d'or garnie de brillants, et de toutes ces Toisons se dégageaient des influences selon leur puissance opérante particulière. Une lourde médaille en or y était fixée; sur la face on voyait le soleil et la lune face à face; le revers portait ces mots: Le rayonnement de la Lune égalera le rayonnement du Soleil; et le rayonnement du Soleil deviendra sept fois plus éclatant. Nos anciens ornements furent déposés dans des cassettes et confiés à la garde de l'un des serviteurs. Puis notre vierge nous fit sortir dans l'ordre. Devant la porte les musiciens habillés de velours rouge à bordure blanche nous attendaient déjà. On ouvrit alors une porte—que j'avais toujours vue fermée auparavant,—donnant sur l'escalier du Roi. La vierge nous fit entrer avec les musiciens et monter trois cent soixante-cinq marches. Dans cet escalier de précieux travaux artistiques étaient réunis; plus nous montions plus les décorations étaient admirables; nous atteignîmes enfin une salle voûtée embellie de fresques.