Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Premier jour-5/5
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
Mais bientôt elle reprit: «Délivrez donc ceux-ci de leurs chaînes». Cela fut fait rapidement et l'on me débarrassa presque le dernier. Alors, quoiqu'ayant observé d'abord la façon de se comporter de mes compagnons, je ne pus me retenir de m'incliner devant la vieille dame et de remercier Dieu, qui, par son intermédiaire, avait bien voulu me transporter de la ténèbre à la lumière, dans sa grâce paternelle. Les autres suivirent mon exemple et la dame s'inclina.
Enfin chacun reçut comme viatique une médaille, commémorative en or; elle portait sur l'endroit l'effigie du soleil levant, sur l'envers, si ma mémoire est fidèle, les trois lettres D. L. S..
[Deus Lux Solis vel Laus Semper: Dieu lumière du Soleil ou A Dieu louange toujours.]
Puis on nous congédia en nous exhortant à servir notre prochain pour la louange de Dieu, et à tenir secret ce qui nous avait été confié; nous en fîmes la promesse et nous nous séparâmes.
Or, je ne pouvais marcher qu'avec difficulté, à cause des blessures produites par les anneaux qui m'avaient encerclé les pieds et je boîtais des deux jambes. La vieille dame s'en aperçut, en rit, me rappela et me dit: «Mon fils, ne t'attriste pas pour cette infirmité, mais souviens-toi de tes faiblesses et remercie Dieu qui t'a-laissé parvenir à cette lumière élevée, tandis que tu séjournes encore en ce monde, dans ton imperfection; supporte ces blessures en souvenir de moi».
A ce moment, les trompettes sonnèrent inopinément; j'en fus tellement saisi que je m'éveillai. C'est alors seulement que je m'aperçus que j'avais rêvé. Toutefois, j'avais été si fortement impressionné que ce songe me préoccupe encore aujourd'hui et qu'il me semble que je sens encore les plaies de mes pieds.
En tous cas, je compris que Dieu me permettait d'assister aux noces occultes; je lui en rendis grâce, en sa majesté divine, dans ma foi filiale, et je le priai de me garder toujours dans sa crainte, de remplir quotidiennement mon coeur de sagesse et d'intelligence et de me conduire enfin, par sa grâce, jusqu'au but désiré, malgré mon peu de mérite.
Puis je me préparai au voyage; je me vêtis de ma robe de lin blanche et je ceignis un ruban couleur de sang passant sur les épaules et disposé en croix. J'attachai quatre roses rouges à mon chapeau, espérant que tous ces signes distinctifs me feraient remarquer plus vite dans la foule. Comme aliment, je pris du pain, du sel et de l'eau; j'en usai par la suite dans certains cas, à plusieurs reprises, non sans utilité, en suivant le conseil d'un sage.
Mais avant de quitter ma caverne, prêt pour le départ et paré de mon habit nuptial, je me prosternai à genoux et priai Dieu qu'Il permît que tout ce qui allait advenir fût pour mon bien; puis je Lui fis la promesse de me servir des révélations qui pourraient m'être faites, non pour l'honneur et la considération mondaines, mais pour répandre Son nom et pour l'utilité de mon prochain. Ayant fait ce voeu, je sortis de ma cellule, plein d'espoir et de joie.