Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Deuxième jour-7/9
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
Mais voici qu'une fanfare de trompettes et un roulement de tambours éclatèrent à l'entrée de la salle et ils résonnèrent avec une telle maëstria que nous nous attendions à voir entrer l'empereur romain en personne. Nous vîmes la porte s'ouvrir d'elle-même, et alors l'éclat de la fanfare devint tel que nous pouvions à peine le supporter. Cependant des lumières entrèrent dans la salle, par milliers, me semblait-il; elles se mouvaient toutes seules, dans leur rang, ce qui ne laissa de nous effrayer. Puis, vinrent les deux pages portant des flambeaux; ils précédaient une vierge de grande beauté qui approchait, portée sur un admirable siège d'or. En cette vierge, il me sembla reconnaître celle qui avait précédemment allumé puis éteint les lumières; de même je crus reconnaître dans ses serviteurs ceux qui étaient de garde sous les arbres bordant la route. Elle ne portait plus sa robe bleue, mais sa tunique était étincelante, blanche comme la neige, ruisselante d'or, et d'un tel éclat que nous ne pouvions la regarder avec persistance. Les vêtements des deux pages étaient semblables; toutefois leur éclat était moindre. Dès que la vierge fut parvenue au centre de la salle, elle descendit de son siège et toutes les lumières s'abaissèrent comme pour la saluer. Nous nous levâmes tous aussitôt sans quitter notre place. Elle s'inclina devant nous et après avoir reçu nos hommages, elle commença d'une voix adorable le discours suivant: Le roi, mon gracieux seigneur, Qui n'est plus très loin maintenant, Ainsi que sa très chère fiancée, Confiée à son honneur, Ont vu avec une grande joie Votre arrivée tantôt. Ils honorent chacun de vous De leur faveur, à tout instant, Et souhaitent du fond du coeur Que vous réussissiez; à toute heure. Afin qu'à la joie de leurs noces futures Ne fût mêlée l'affliction d'aucun. Puis elle s'inclina de nouveau avec courtoisie, ses lumières l'imitèrent et elle continua comme suit: Vous savez par l'invitation Que nul homme n'a été appelé ici Qui n'eût reçu tous les dons précieux De Dieu, depuis longtemps, Et qui ne fût paré suffisamment Comme cela convient en cette circonstance. Mes maîtres ne veulent pas croire Que quelqu'un pût être assez audacieux, Vu les conditions si sévères, De se présenter, à moins Qu'il ne se fût préparé par leurs noces Depuis de longues années. Ils conservent donc bon espoir Et vous destinent tous les biens, à tous; Ils se réjouissent de ce qu'en ces temps difficiles Ils trouvent réunis ici tant de personnes. Cependant les hommes sont si audacieux Que leur grossièreté ne les retient pas. Ils s'introduisent dans des lieux, Où ils ne sont pas appelés. Donc, pour que les fourbes ne puissent donner le change, Pour qu'aucun imposteur ne se glisse parmi les autres, Et afin qu'ils puissent célébrer bientôt, sans rien cacher Des noces pures,