Rose-Croix-Textes fondateurs-Les Noces Chimiques de Christian Rosencreutz-Deuxième jour-4/9
Par Fabrice le , le site sur l'ésotérisme et la voyance - Lien permanent
Au moment où j'arrivai au portail, un inconnu, vêtu d'un habit bleu du ciel, vint à ma rencontre. Je le saluai amicalement et il me répondit de même en me demandant aussitôt ma lettre d'invitation. Oh! combien fus-je joyeux alors de l'avoir emportée avec moi car j'aurais pu l'oublier aisément, ce qui, d'après lui, était arrivé à d'autres. Je la lui présentai donc aussitôt; non seulement il s'en montra satisfait, mais à ma grande surprise, il me dit en s'inclinant: «Venez, cher frère, vous êtes mon hôte bienvenu». Il me pria ensuite de lui dire mon nom, je lui répondis que j'étais le frère de la Rose-Croix Rouge, il en témoigna une agréable surprise. Puis il me demanda: «Mon frère, n'auriez-vous pas apporté de quoi acheter un insigne?» Je lui répliquai que je n'étais guère fortuné mais que je lui offrirais volontiers ce qui pourrait lui plaire parmi les objets en ma possession. Sur sa demande, je lui fis présent de ma fiole d'eau, et il me donna en échange un insigne en or qui ne portait que ces deux lettres: S.C. Sanctitate constantia, Sponsus Char... Il m'engagea à me souvenir de lui dans le cas où il pourrait m'être utile. Sur ma question il m'indiqua le nombre des convives entrés avant moi; enfin, par amitié, il me remit une lettre cachetée pour le gardien suivant. Tandis que je m'attardais à causer avec lui, la nuit vint; on alluma sous la porte un grand falot afin que ceux qui étaient encore en route pussent se diriger. Or le chemin qui conduisait au château se déroulait entre deux murs; il était bordé de beaux arbres portant fruits. On avait suspendu une lanterne à un arbre sur trois de chaque côté de la route et une belle vierge vêtue d'une robe bleue venait allumer toutes ces lumières avec une torche merveilleuse; et je m'attardais plus qu'il n'était sage à admirer ce spectacle d'une beauté parfaite. Enfin l'entretien prit fin et après avoir reçu les instructions utiles je pris congé du premier gardien. Tout en cheminant je fus pris du désir de savoir ce que contenait la lettre; mais comme je ne pouvais croire à une mauvaise intention du gardien je résistai à la tentation. J'arrivai ainsi à la deuxième porte qui était presque semblable à la première; elle n'en différait que par les sculptures et les symboles secrets.
Sur le fronton on lisait: DONNEZ ET L'ON VOUS DONNERA. Date et dabitur vobis.
Un lion féroce, enchaîné sous cette porte, se dressa dès qu'il m'aperçut et tenta de bondir sur moi en rugissant; il réveilla ainsi le second gardien qui était couché sur une dalle en marbre; celui-ci me pria d'approcher sans crainte. Il chassa le lion, prit la lettre que lui je tendis en tremblant et me dit en s'inclinant profondément: «Bienvenu en Dieu soit l'homme que je désirais voir depuis longtemps». Ensuite il me présenta un insigne et me demanda si je pouvais l'échanger. Comme je ne possédais plus rien que mon sel, je lui offris et il accepta en me remerciant. Cet insigne ne portait encore que deux lettres: S. M. Studio merentis; Sal memor; Sponso ... Comme je m'apprêtais à converser avec lui également, on sonna dans le château; alors le gardien me pressa de courir de toute la vitesse de mes jambes, sinon tout mon travail et mes efforts seraient vains car on commençait déjà à éteindre toutes les lumières en haut. Je me mis immédiatement à courir, sans saluer le gardien car je craignais d'arriver trop tard, non sans raison. En effet, quelque rapide que fût ma course, la vierge me rejoignait déjà et derrière elle on éteignait toutes les lumières. Et je n'aurais pu rester dans le bon chemin si elle n'avait fait arriver une lueur de son flambeau jusqu'à moi. Enfin, poussé par l'angoisse, je parvins à entrer juste derrière elle; à cet instant même les portes furent refermées si brusquement que le bas de mon vêtement fut pris; et je dus l'y abandonner car ni moi ni ceux qui appelaient à ce moment au dehors, ne pûmes obtenir du gardien de la porte qu'il l'ouvrît de nouveau; il prétendit avoir remis les clefs à la vierge, qui les aurait emportées dans la cour.